La trisomie 21 et les troubles du langage

Trisomie 21 et troubles du langage © Solange Redon

Les premiers mots prononcés par une personne trisomique interviennent généralement en cohérence avec le niveau de développement cognitif. Et certaines personnes porteuses de trisomie 21 peuvent faire l’objet de troubles du langage. Les accompagner avec des aides visuelles constitue une aide à l’entrée dans le langage oral. Ainsi, elles développent un système de communication avant même d’acquérir le langage oral.

La trisomie 21 et les troubles du langage

L’évolution du langage chez la personne trisomique est généralement la même qu’un autre enfant du même âge. Elle est toutefois retardée et les différences de capacités langagières s’amplifient à l’âge adulte. Les personnes porteuses de trisomie 21 peuvent faire l’objet de troubles du langage qui peuvent impacter leurs habiletés communicationnelles et relationnelles. Ces troubles peuvent se manifester par des mots déformés, des syllabes en désordre, des consonnes mal prononcées, rendant l’articulation imprécise et floue. Par exemple, “la banane” peut être déformée et prononcée “la nanane”, en inversant les syllabes lavabo devient “labavo”… Cela s’explique par une morphologie du palais différente, l’hypotonie des muscles bucco-faciaux. A cela peuvent s'ajouter également des difficultés de grammaire et de synthèse. L’ensemble de ces difficultés de production verbale peuvent être source de frustration et engendrer des incompréhensions blessantes chez la personne atteinte de trisomie. Il est donc nécessaire de s’adapter à leur rythme, de leur demander de répéter en prenant leur temps.

La communication avant même l’acquisition du langage

Chez les enfants trisomiques, le canal visuel fonctionne mieux que le canal auditif. Pour les accompagner dans l’acquisition du langage, les aides visuelles constituent une aide au développement d’un système de communication avant même d’acquérir complètement le langage oral. Les pictogrammes et les signes sont deux systèmes parmi d’autres qui soutiennent le développement et permettent de s’approprier plus facilement le langage verbal. En grandissant, ils représentent également une aide, un appui à la parole, lorsqu’elle est peu développée voire non présente.

Des pictogrammes pour appuyer le langage

Les images peuvent remplacer des mots, les appuyer et donner des informations supplémentaires. Les pictogrammes sont un moyen de compenser les difficultés d’expression et de compréhension des personnes porteuses de trisomie 21. Ces aides visuelles sont des dessins simplifiés, très concrets et leur signification peut facilement être assimilée par des personnes trisomiques et leurs aidants. On en trouve régulièrement autour de nous au quotidien : les panneaux de signalisation, les gestes à adopter pour se laver les mains … Les pictogrammes sont également un bon moyen de valoriser l’enfant avec trisomie 21 et l’image qu’il porte de lui-même. Les pictogrammes peuvent aussi favoriser l’autonomie, en aidant à se repérer dans le temps et l’espace, à s’organiser, à identifier des lieux … Le caractère permanent des pictogrammes, contrairement à une phrase orale, facilite le maintien de l’intention et la mémorisation de l’information.

Les pictogrammes pour communiquer

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Des signes pour entrer en relation

Les signes et gestes sont un excellent moyen de communication pour permettre de rester actif et d’entrer en interaction avec autrui, et ce dès le plus jeune âge. La langue signée française est la traduction mot pour mot de notre langage oral avec les signes de la LSF. Lorsqu’ on accompagne des personnes avec des troubles du langage ou de la communication, il peut être intéressant de réaliser l'apprivoisement de la syntaxe du langage parlé en utilisant le français signé en tant qu’aide visuelle. Le signe sera la visualisation du mot parlé et permettra un meilleur accès au langage. Dans un premier temps, on pourra initier des signes correspondants aux besoins primaires : manger, boire, dormir. Ensuite, on pourra introduire des signes correspondants à ses centres d’intérêts, et de nombreux autres pour diversifier son langage. Pour que cela fonctionne, il faut également que son entourage (famille, aidants, etc.) soit sensibilisé à ce mode de communication. Tout le monde doit avoir les mêmes codes pour que les échanges puissent se réaliser de façon efficace.

Le Makaton, un programme d’aide à la communication qui associe parole, signes et pictogrammes

Le Makaton est une approche fréquemment utilisée par les orthophonistes pour accompagner les personnes porteuses de trisomie 21. Son vocabulaire fonctionnel autrement dit multimodal utilise les signes ainsi que les pictogrammes en tant que représentation visuelle du langage. Ils permettent d’améliorer et de faciliter l’acquisition du langage. Ce programme a l’avantage de s’adapter aux différentes phases de progression de la personne trisomique, de sa naissance à l’âge adulte. Il lui permet de communiquer sur ses besoins, ses choix : ce qu’il accepte ou bien refuse …

Faciliter la compréhension avec le “facile à lire et à comprendre”

Le facile à lire et à apprendre

D’une façon générale, on constate chez les personnes trisomiques que la compréhension du langage est supérieure à son expression. Cependant, une majorité de celles-ci conservent des difficultés de compréhension et de traitement de l’information. Les personnes avec une déficience intellectuelle ont du mal à comprendre l’ensemble des informations écrites qui leurs sont données. Ces difficultés impactent donc leur autonomie, leur capacité décisionnelle … puisqu’elles ne sont pas en possession de toutes les alternatives qui leurs sont proposées. Pour pallier ce besoin, l’Unapei à mis en place la méthode “Facile à lire et à comprendre”, une méthode européenne permet l’accès aux informations dans tous les domaines de la vie : la santé, la réglementation, la signalétique, … Le FALC permet de rendre l’information plus claire et accessible à tous.

 

Pour communiquer avec une personne porteuse de trisomie 21 et l’accompagner dans l’apprentissage du langage oral, il faut rester spontané tout en ayant conscience des difficultés qu’elle peut avoir. Il faut prendre le temps de l’écouter, de la faire répéter ou d’échanger avec elle à l’aide de signes, de gestes ou de pictogrammes.

 

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